Le déficit de légitimité du « récit » européiste

La légalité est une chose, la légitimité en est une autre, et il s’est écrit des bibliothèques entières sur cette distinction classique en philosophie politique. C’est la notion de consentement qui peut relier les deux termes : une décision, une situation ou une institution peuvent être parfaitement fondées en droit, mais elles ne deviennent légitimes que si elles reçoivent tacitement et de manière consensuelle le consentement des membres du groupe auquel elles s’appliquent. La construction européenne est un laboratoire du non respect de cette exigence.

L’exemple le plus caricatural d’absence de légitimité d’une procédure communautaire est la ratification, en 2007, du traité de Lisbonne par la voie parlementaire, alors qu’il s’agissait de la copie conforme du traité constitutionnel européen rejeté deux ans plus tôt par référendum en France et aux Pays-Bas. Sur le plan légal, il n’y avait rien à redire : le traité avait été ratifié…

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