La morale, la veste et l’oxymore, par Evelyne Pieiller (Les blogs du Diplo, 10 juillet 2017)

JPEG - 202.6 ko

« La honte de Noé ». — Arent van Bolten (vers 1600)

Depuis quelque temps, l’oxymore est devenu à la mode. Ce n’est pas si fréquent pour une figure de rhétorique. Rappelons qu’il s’agit d’une alliance inattendue entre deux termes qui s’excluent ordinairement. On le connaissait chez Pierre Corneille — cette obscure clarté qui tombe des étoiles —, chez Gérard de Nerval — le soleil noir de la mélancolie… Il était alors saisissant et poétique. Il est aujourd’hui un habitué des « éléments de langage » chers aux politiques, et repris par les analystes et journalistes. On a pu ainsi saluer les fascinantes « discrimination positive » et « croissance négative », sans oublier l’épatante « TVA sociale » et autres « guerre propre ». Il est vrai que si l’oxymore n’avait pas existé, il aurait fallu l’inventer, pour rendre compte de façon élégante d’une nouvelle forme de vérité : celle qui, d’une…

Lire la suite

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *