La douloureuse mutation d’Ennahda en Tunisie

En mai 2016, Ennahda entérinait une réforme majeure, déterminante tant pour son avenir en tant qu’organisation que pour l’évolution de l’islam politique dans un nouveau contexte, post-autoritaire. Pour l’essentiel, elle tenait dans la transformation d’un mouvement né à partir des années 1970 d’une résistance culturelle à la modernisation à l’occidentale voulue par Habib Bourguiba, et venu dans les années 1980 à l’action politique, en un parti exclusivement tourné vers l’exercice du pouvoir. Rached Ghannouchi, son président, avait alors revendiqué un positionnement « musulman démocrate » et « une sortie de l’islam politique ».

Le maintien d’un référentiel religieux

La réalité de la mutation est plus nuancée. Selon les termes de la motion adoptée lors du congrès, il s’agit d’une « spécialisation »…

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