« Comment le capitalisme gère-t-il le ventre des femmes racisées ? »

Françoise Vergès revient dans cette interview sur les circonstances qui ont abouti à l’écriture de son livre Le Ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme (Albin Michel, 229 p., 20 euros). Dans les années 1970 des milliers de jeunes femmes ­réunionnaises subissaient des avortements forcés tandis qu’en métropole les féministes se battaient pour le droit à l’avortement. Comment expliquer cette différence de traitement et comment nous invite-t-elle à repenser le féminisme ? Quel lien existe-t-il entre le ventre des femmes, les politiques des États-nations et la configuration du capitalisme ?

AL : Qu’est-ce qui t’a conduite à faire ce livre ?

Françoise Vergès : Plusieurs questions sont venues à moi. D’abord, pourquoi les outre-mer sont rarement présentes dans les analyses postcoloniales [1] en France ? Elles se focalisent sur les banlieues et l’immigration et très rarement sur les outre-mer qui sont, en tant que territoires issus…

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