Barbès Blues au temps du couvre-feu (68) / Farid Taalba

 

Mais, bien que profondément affecté dans son amour-propre par le déclassement qu’on lui fit subir, malgré son exclusion de la fonction publique qui l’accula à vivre pauvrement de menus travaux glanés à droite à gauche, et surtout en homme d’honneur qu’il se devait d’être en ce temps-là, les larmes ne le rendirent pas aveugle pour autant et Si Lbachir Ou Messaoud continua de ne pas lambiner dans ses efforts afin de défendre bec et ongles la face de la famille. Ses tantes paternelles et ses sœurs ne disaient-elles pas : « Il est nos yeux ! ». Et face au souvenir inoubliable de ce cri de guerre, il ne cessa de redoubler de férocité, avec une incroyable constance qui résistait aux défaites infligées par l’administration et aux harcèlements meurtriers de ses adversaires villageois, échappant à l’usure du temps et sans sombrer dans la résignation. La même fureur obstinée, têtue, enflammait ses prunelles dans son visage glabre de…

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